A la découverte de


#61

:tired_face::tired_face: Une des librairies de mon quartier a fermé :sob::sob::sob: Elle était trop bien en plus :sob:


#62

Allez un petit bilan de ma super box de décembre:

Wilderness de Lance Weller: si je vous dit Nature writing + Gallmeister, c’est suffisant comme avis? :grin:
Deux époques de la vie d’un homme, la guerre de Sécession aux Etats-Unis d’une part et plusieurs dizaines d’années plus tard d’autre part, alternent, un chapitre sur deux. La vie, les paysages et les hommes sont rudes. J’en garde un souvenir de froid, de coups, de sang, de solitude, de quelques faibles lueurs d’humanité et d’une relation à la fois banale et vitale entre un homme et son chien.
Bref, rien de bien joyeux, on est dans l’ambiance dès les premières lignes qui m’ont complètement happées.

La bondrée de Andrée Michaud: Je ne suis pas une grande fan des policiers et autres thrillers, mais celui-ci est remarquable par son ambiance: été 1967, Lucy in the sky en bande son, un village de vacances à la frontière entre le Maine et le Québec avec deux communautés en partie séparées par la langue, une vieille légende qui traine et une ado qui trouve la mort d’une façon atroce.
J’ai adoré le travail autour de la langue: il est écrit en québécois de l’époque et c’est une merveille de lire ces mots et expressions françaises employées un peu différemment d’ici, cette inclusion de termes anglais employés tels quels (“remover” à la place de dissolvant, par ex.) ou francisé (je vous laisse deviner le sens de “frencher”) et ce passage d’une langue à l’autre dans les dialogues ou pensées des personnages.

Le bouquiniste Mendel de Stefan Zweig: J’ai d’abord envie de vous parler du superbe livre des éditions Sillages: une très jolie qualité tout en sobriété. Je me suis extasiée sur le papier à chaque fois que j’ai tourné une page :sweat_smile:. J’ai retrouvé dans cette nouvelle de nombreux éléments que j’avais aimés dans Le joueur d’échecs: un personnage central (qui n’est pas le narrateur) doté d’une capacité intellectuelle extraordinaire, mais dans un seul domaine (ici, les catalogues de livres), la guerre et sa folie qui bouleverse complètement sa vie, de façon indirecte (pas de batailles sanglantes ici, juste l’absurdité)


Quelle est votre lecture du moment ?
#63

Et un aperçu de ma box de janvier, qui a pour thème “Il était une fois”:


#64

Bondrée, je n’ai pas accroché du tout. 30 pages à nous expliquer que des jeunes filles allumaient tout le monde et l’avaient bien cherché, ca m’a définitivement crispé!


#65

Ben quoi? Elles boivent, elles fument, elles sont court vêtues, elles font des trucs avec des garçons (et avec le même, en plus), elles se déplacent à plusieurs en parlant fort et elles rentrent tard chez leurs parents et tu ne trouves pas ça normal qu’elles se fassent déchiqueter par un piège à ours??? :joy:


#66

Je présume qu’ ils ne livrent pas en Belgique? :persevere:


#67

Ils ne livrent pas du tout, il faut passer la chercher à la librairie, à Dijon.


#68

C fait un peu loin :rofl:

Je cherche désespérément une seconde box en Belgique mais rien qui me plaît… je trouve que toute les autres en ligne sont super commerciales :expressionless:


#69

Ouais, mais j’ai compris, c’est certainement moi le problème, je suis de mauvaise humeur en fait (depuis 38 ans, à peu près) :japanese_ogre:


#70

C’est marrant, j’ai trouvé ça intéressant de voir qu’on ne réagissait pas aux mêmes choses malgré une sensibilité proche sur certains sujets (cf également Le voleur de temps).
Mais en effet l’humeur, le niveau de fatigue, le stress lié aux boulots ou aux pbs perso peuvent avoir une incidence sur notre lecture… tout comme l’inverse est également vrai! :sweat_smile:


#71

A la découverte de…Nova Book Box: ok, je débarque vous connaissez peut être déjà étant donné que ça existe depuis 2011 \0/ …comme il n’est pas recommandé de lire au volant, j’écoute depuis peu des podcasts et je suis tombée sur celui de Richard Gaitet, sur radio Nova. C’est dense, atypique, drôle (ou pas), en corrélation avec l’actualité, bref, ça me plait. L’animateur dans sa chronique lit des passages des œuvres ! et prouesse à mes yeux: il parvient à lire à la radio des bandes dessinées : sisisisisi, et c’est très réussi.

Un autre podcast que j’aime beaucoup, celui des Bibliomaniacs, 4 copines qui chaque mois échangent (autour d’un thé? d’un mojito? je devrais poser la question un jour!) leurs avis et leurs coups de cœur, très sympas, léger, mine d’idées, si jamais vous en manquiez…

Voilà voilà…


#72

Enfin j’ai poussé à porte de la fraîche et pimpante nouvelle librairie indépendante de La Rochelle: Les Rebelles Ordinaires.
Bah j’ai envie d’ y retourner avé ça un caddie vide :sweat_smile:…et plus de temps’ parce que la bas on vous invite à vous assoir avec une boissons chaude (gratuite), et à lire, parce que c’est ouvert Le dimanche matin, parce qu’ils sont sympas, parce qu’il y a trésor regulierem’t Des animations intéressantes et variées, de l’humour et la’ moustache, que le concept me plait et que je leur souhaite de réussir. Voilà !


#73

J’ai été fouiner un peu sur le net et ohlàlà, mais ça a l’air juste fantastique comme librairie! Pour les moins motivées d’entre vous, je mets des petits liens prêts à cliquer :wink:
ici sur addict-culture et là, à la Grande Librairie!


#74

J’ai terminé ma Box “Il était une fois”:

  • Cendrillon de Robert Walser: On est bien loin ici de la gentille chanson “Et si ton coeur a l’âme en peine, il faut y croire quand même, le rêve d’une vie c’est l’amour” de Disney. En fait, sans l’explication de texte, je n’aurai absolument rien compris :disappointed: J’ai été on ne plus déconcertée par la volonté de Cendrillon de se laisser malmener par ses demis-soeurs (adoration véritable? sentiment de se sentir plus noble qu’elles?), par le fait que toute l’action se passe sur le même lieu, qu’il n’y ait pas véritablement de bal ou de vraie scène de la pantoufle de verre/vair. Bref, la petite fille en moi veut garder sa magie toute pleine de cucuterie! :sweat_smile:

  • Contes du Far West de O.Henry: Bien que ce ne soit pas mon genre préféré, j’ai vraiment bien aimé ces petites nouvelles sur l’Amérique des cow-boys, des shérifs, des plantations et des grands espaces, dans laquelle les héros ont souvent une moralité discutable, ce qui ne les empêche pas de rester “de braves types”. Il s’agit ici non pas de petits récits d’ambiance ou de tranches de vie, mais de nouvelles avec une chute ou un retournement de situation que je me suis plu à attendre, que je les devine ou qu’ils me prennent par surprise. Je me suis cependant un peu lassée au bout d’un moment, j’aurai dû les lire petit à petit… J’ai apprécié aussi le travail autour de la langue, avec des mots inventés, estropiés, “oralisés”.

  • Kyra Kyralina de Panaït Istrati. Coup de coeur pour ce livre :heart_eyes:. Il ne s’agit pas ici d’un livre de contes mais du récit d’un merveilleux conteur, dans une sorte de 1001 nuits où un oncle raconte à son neveu, au fil des années, sa vie qui n’a vraiment rien eu du conte de fée! On découvre ainsi son enfance en Roumanie, dont il gardera toujours le désir de retrouver sa soeur chérie, probablement enlevée pour un harem, les nombreuses péripéties qui le mèneront en Turquie, au Caire ou encore à Beyrouth, à la rencontre de personnes majoritairement peu recommandables et d’au moins un véritable ami. Le talent de conteur de l’oncle / d’écriture de l’auteur, fait que la lecture est toujours très agréable, malgré un propos souvent peu réjouissant. Par contre je n’accroche pas du tout à la couverture: sans la box, je pense que je n’aurais même jamais touché ce livre :anguished:


#75

La box de février a pour thème “La vengeance”:dagger: (connaissant mes libraires, je ne m’attendais pas vraiment à une box “Happy Valentine Day” :smile:).

A moi la vengeance S.A.R.L de Roald Dahl. On retrouve ici le style si particulier de R.Dahl et l’apparition d’un grand ascenseur de verre ou d’un Golden Ticket ne m’aurait pas vraiment surprise :grin:. Dans ces deux nouvelles, les personnages échafaudent des plans que l’on sent bancal dès le début, ce qui n’est pas sans rappeler les trois nigauds de Fantastique Maitre Renard. Bref, deux petites lectures sympas dans un univers un peu désuet.

Neverhome de Laird Hunt raconte l’histoire d’une femme qui s’engage en tant que soldat (donc en tant qu’homme) dans la guerre de Sécession parce que son mari n’est pas assez fort pour cela et que l’un des deux doit le faire. Voilà qui pose le personnage dès le début!
Il s’agit à la fois d’un récit de guerre, dans toute son horreur, mais d’un point de vue un peu particulier puisque l’héroine doit en permanence veiller à ne pas être découverte comme femme, et d’une plongée dans son passé dont le fil se déroule peu à peu.
J’ai vraiment été happée par ce roman qui aborde de nombreux sujets: la guerre “old school”, les femmes soldats, l’esclavage, l’ennemi identique à soi-même et bien évidemment, les petites et grandes vengeances. Un passage m’a particulièrement marquée: celui où l’héroine essaie pour la première fois un pantalon et découvre la liberté de mouvement que cela lui procure :pensive:

Gravesend de William Boyle. L’idée de départ est vraiment intéressante: alors qu’il attend depuis 16 ans de pouvoir venger la mort de son frère, Duncan découvre à la fois que le meurtrier n’est plus le gros dur qu’il était avant et que lui même n’a pas le cran suffisant pour appuyer sur la gâchette. Le récit se déroule dans une ambiance déprimante à souhait où chaque personnage semble avoir complètement raté sa vie. Et tout ne fait qu’empirer au fur et à mesure de l’histoire.
Cependant, deux choses m’ont dérangée dans ce livre. Tout d’abord, l’histoire prend place dans la communauté italo-américaine contemporaine de NY. C’est un milieu que je ne connais pas du tout, mais j’ai eu l’impression que l’auteur enchainait les clichés: les enfants adultes vivent encore chez (et sous la coupe de) leurs parents, les gens sont bien évidemment catholiques pratiquant option homophobe et on ne couche pas avant le mariage (“puttana!”), bien sûr il y a des mafieux et la bouffe est reine!
Par ailleurs j’ai eu vraiment du mal avec le traitement réservé aux femmes. Dans le livre, tous le monde, homme ou femme est un vrai looser, aucun personnage ne fait vraiment rêver. Cependant, chez les hommes, cela se traduit par le fait que ce sont de gros lourds alcooliques pas bien malins. Alors que pour les femme, quasiment tout est ramené au physique: l’actrice loupée qui a habité à LA est belle, sait se maquiller et s’habiller (et connait plein de cocktails, trop la classe :roll_eyes:) alors que la pauvre fille qui a toujours vécu chez sa folle de mère est moche, a de la moustache, se maquille à la truelle, porte un jogging, a mauvaise haleine, ne s’épile pas le maillot, a des boutons sur les seins et même ses aréoles n’ont pas la bonne forme! :nauseated_face: :face_with_symbols_over_mouth:


#76

J’ai beaucoup aimé ce livre :smirk:

Ils auraient pu ajouter Le peigne de Cléopatre de Maria Ernestam chez Babel…une écriture assez décevante, mais un texte jubilatoire par moment : l’histoire d’une TPE qui cherche à résoudre les problèmes des gens.


#77

j’ai beaucoup aimé Neverhome de Laird Hunt également!


#78

Je n’avais pas aimé Gravesend, je crois savoir pourquoi maintenant :thinking:


#79

Et voici les box de mars et avril de ma merveilleuse librairie!

La box japonaise:

Sur la photo, vous noterez les deux marque-pages faits main, dont ce sublime petit coeur en tissu :star_struck:

Avec également Le bateau-usine de Kobayashi Takiji, que j’ai momentanément égaré…Cette box aurait pu être sous-titrée “Le japon sous la ceinture”! Pour les haikus érotiques (que je n’ai pas encore lus), le lien semble assez évident. Pour Seventeen, disons qu’avant de se découvrir une passion pour la politique extrémiste, le jeune héros de 17 ans passe vraiment beaucoup de temps seul avec sa main. Et pour Le bateau-usine, je vous laisse imaginer tout un tas d’hommes entassés sur une épave, plus ou moins volontairement, avec de jeunes garçons sans défense…
En fait, j’ai trouvé ces deux livres assez terrifiants, le premier décrivant un embrigadement politique éclair et le second une exploitation inhumaine faite au nom du patriotisme.

Et la box “j’ai oublié le titre mais la couverture est bleue” (j’adore ce nom de box :heart_eyes:):

La montée des eaux de Charles C.Mann nous apprend des tas de choses pas forcément réjouissantes sur Big Water, ces entreprises qui considèrent que l’eau est un bien de consommation comme les autres.

J’ai été un peu déconcertée par La route bleue de Kenneth White, récit d’un voyage au Labrador où l’auteur passe au moins autant de temps à nous citer des grands auteurs ayant écrit sur les endroits où il passe qu’à nous raconter son propre voyage. J’ai trouvé qu’on était beaucoup dans l’intellectualisation du voyage et pas assez dans le ressenti, la découverte (même si l’auteur se mêle beaucoup aux locaux).

Je n’ai pas encore lu Sauvagerie, mais la couverture m’intrigue!


#80

En ce mois de Festival de Cannes, la Box de mai a pour thème “Le Cinéma”:

Deux livres, du thé et … une place dans un cinéma indépendant!

Le moins que l’on puisse dire est que j’ai été particulièrement déconcertée par la lecture de Cinéma de Tanguy Viel. Ce livre est un long monologue du narrateur, complètement obsédé par un film qu’il nous raconte en long, en large et en travers, tout en nous faisant part de son analyse quasiment plan par plan.
Et il le connait bien, ce film, puisqu’il l’a vu des dizaines de fois, consigne visionnage après visionnage ses impressions et ses révélations dans un cahier dédié et construit sa vie sociale en séparant les gens qui ont aimé le film et ceux qui l’ont trouvé “pas formidable”.
C’est en racontant le début du livre que je me suis rendue compte de son potentiel comique, qui pour moi, passe beaucoup mieux à l’oral. Je l’ai donc terminé en imaginant une scène, un one-man show, et je me suis franchement bien marrée.
Pour la petite histoire, il s’agit du film Le limier (Sleuth en VO, 1972) de Machiewicz, mais dont je ne savais pas en lisant le livre s’il s’agissait ou non d’un vrai film (j’aurai honte de mon manque de culture ciné un autre jour :smirk:).
Bref, encore une chouette découverte que je n’aurais jamais faite toute seule! :smiley:

Détroit de Martin M. Goldsmith est d’une forme plus classique, mais c’est un véritable bonheur de lecture vintage.
Alex, musicien new-yorkais va rejoindre sa petite amie Sue à LA où elle est partie tenter sa chance à Hollywood. Il se fait prendre en stop par un dénommé Haskell, qui, si l’on en croit sa voiture et son portefeuille semble avoir plutôt bien réussi dans la vie. Bien évidemment, tout ne va pas exactement se passer comme prévu et les évènements les plus tragiquement improbables vont se succéder.
Ce récit à deux voix (Alex et Sue) est noir et cynique, les dialogues sont un régal et l’on plonge avec délice dans ce roman à suspens témoin du Hollywood des années 1940.