Conseillons-nous !


#21

@Pauline Tu ne nous as pas dit si ta maman avait aimé son cadeau? Elle a déjà eu le temps de lire le Jasper Fforde?


#22

Ah oui tu as raison, j’ai complètement oublié !

Elle était super contente, vous êtes tombées juste, par contre elle attends les vacances pour le lire maintenant (et moi j’attends de retourner chez elle pour le lui piquer :stuck_out_tongue:).
Elle a regardé un peu les autres romans dont vous m’aviez parlé et il y en a quelques uns qu’elle avait déjà repérés en librairie donc ça l’a convaincue pour les prendre (aussi pour les vacances).
Je vous dirais ce qu’elle en aura pensé quand elle l’aura lu !


#23

Je réactive un sujet vieux de 2 ans et bien sûr, le forum me demande si je suis sûre de mon coup! :sweat_smile:
Oui, M. Le Forum, j’ai besoin d’un conseil, ça me paraît donc être le sujet approprié!

Donc, je m’adresse peut-être plus particulièrement à @jacmel, qui a lu cet auteur et qui est attachée à Haïti, mais je suis preneuse d’avis de toute part: vous me conseillez quels livres de Dany Laferrière?

Dans un premier temps, je suis bien tentée par L’odeur du café et Le charme des après-midi sans fin (et par leurs sublimes couvertures des éditions Zulma :heart_eyes:).


#24

Alors.

J’espère que personne de mes proches ne me voit répondre parce qu’ils seraient déjà en train de se bidonner.

Dany Laferrière est (un peu) ma Némésis personnelle. I don’t like him. At all. Mais pour répondre à ta question (et en m’empêchant fortement de répondre Aucun ), je te conseillerais de taper dans les plus récents. Avec un peu de chance, ayant arrêté depuis longtemps de le lire, je peux espérer qu’il se soit amélioré. En tout cas pas empiré. Bref qu’il ait quitté sa désagréable obsession (voire plus loin).

Premier point : il écrit bien. Rien à dire sur le plan stylistique, c’est de bonne qualité. C’est également très français dans la forme (si on plaçait la littérature haïtienne le long d’un axe allant d’un esprit culturel national vers l’assimilation française, il serait clairement de ce dernier côté. Pas de dépaysement avec lui)

Second point (oui, second, il n’y en aura pas de troisième) : sa série jeunesse avec l’adorable personnage de Vieux Os est excellente. Le premier tome ici :
Je-suis-fou-de-Vava

Mais pourquoi tant de haine?
Déjà, personnellement c’est quelqu’un d’éminemment désagréable, mais ça, ce n’est certainement ni le premier, ni le dernier. Enfin, il est tout de même parvenu à se faire unanimement détester des autres auteurs haïtiens de sa génération, au point de se faire méchamment insulter (et peut être pas complètement à tort) juste après le tremblement de terre de 2010.
Je ris bien de l’entendre régulièrement en conférence parler de la littérature haïtienne en citant les ancêtres morts et en omettant tous ses contemporains.

Non, la vraie raison de mon problème avec lui repose sur les premiers de ses écrits qui ont eu du succès : ils reposaient tous sur des archétypes coloristes extrêmes s’articulant, au final, sur un seul présupposé, à savoir que l’égalité (et partant de là, le respect, la réciprocité, l’affect, etc) est impossible entre Blancs et Noirs dans une relation.
Forcément ca risquait bien de me braquer.
Pour mon plus grand malheur, je suis rentrée enceinte d’Haïti au moment du grand succès de Vers le Sud avec C. Rampling (une Blanche âgée couche avec un Noir gigolo) qui avait mis ses textes à l’honneur. Tout le monde s’est alors empressé de m’expliquer comment je m’étais forcément faite avoir puisqu’un auteur haïtien l’expliquait si bien (merci Dany, si un jour je pouvais te rendre la pareille, ce serait avec PLAISIR).
Et le reste de ses textes était du même niveau : haine, hostilité, rage, racisme et tout à l’avenant (à l’égout)…au point d’avoir une irrépressible nausée à chaque nouveau texte.
(Ici je tiens à faire un aparté : de tous les auteurs qui ont écrit de la même façon sur le même sujet, il est le seul à être parvenu à me faire vomir)
Je suppose que ce brave homme a du connaitre une relation désastreuse avec une Blanche.

J’espère sincèrement qu’il a quitté ses vieux démons. Vraiment. Mais moi, je n’ai plus de temps à lui consacrer.

Mais alors??? Kiki lire? Et bien, celles qui liront la suite ne devront en aucun cas me dénoncer à Marjorie. Jamais. Sous peine de vengeance.

Pour commencer, le dépaysement stylistique serait beaucoup plus certain avec du Yannick Lahens et du Gary Victor. Même si je reproche à la première de ne pas toujours être compréhensible dans tout son nuancier si on ne connait pas Haïti, elle reste (et de loin) plus intéressante. Quand au second, il a deux veines : la veine réaliste (Maudite éducation) et la veine réalisme magique (mettons La piste des sortilèges)…il reste toutefois dans son réalisme magique un fervent partisan du grotesque et du carnavalesque au sens plein du terme (cf Bakhtine), y compris dans sa violence.

Je ne suis, à mon grand regret, pas encore parvenue à accrocher à un Edwige Danticat, mais cela tient à moi et non à elle. Je pense que c’est très bon, c’est juste moi qui n’accroche pas.
Par contre, j’ai tendance à déconseiller Kettly Mars MAIS là encore, c’est sur la base de ses premiers écrits. Je compte réessayer des plus récents (NB long : ce sont des auteurs que j’ai découvert en “édition” haïtienne, et comme G. Victor me l’avait expliqué, il s’agissait en fait d’impression. Aucun travail d’édition du texte n’était fait. Cet amateurisme se sent par des maladresses qui ne sont peut être plus là dans des éditions françaises retravaillées).

J’aime personnellement beaucoup, beaucoup, Lyonel Trouillot (Actes Sud), mais Marjorie n’a pas accroché à Yanvalou pour Charlie qui est, je dois dire, un des moins intéressant (alors que Rue des Pas-Perdus est superbe).

Parmi les plus récents, je conseille fortement Mackenzy Orcel, tout en prévenant : c’est très intense et cru.

Du côté des classiques, of course, Jacques Roumain, René Depestre et ma préférée entre toutes, réédité chez Zulma d’ailleurs, Marie-Vieux Chauvet. Putain, là, oui, c’est de la littérature! (nb : elle avait été édité par Simone de Beauvoir à l’époque. Je dis ca en passant).

Et le Dieu vivant reste Frankétienne. Incomparable. Mais vraiment à réserver à un moment où l’on cherche de la pure création stylistique extrêmement pointue (pour ne pas dire ardue). Il est également peintre.
Sur cet axe de la littérature haïtienne, il est très exactement à l’opposé de D. Laférièrre.
franketienne_peinture


#25

Mille mercis à toi pour cette réponse ultra détaillée! :kissing_heart:

Alors disons que tant qu’à lire de la littérature haïtienne, je vais suivre tes conseils et aller voir de plus près les oeuvres des auteurs que tu proposes.

Et petit clin d’oeil avec Hadriana dans tout mes rêves, de René Depestre, dont le résumé commence ainsi: " Jacmel, en Haïti." Si ça n’est pas une raison supplémentaire d’écouter ce que tu me dis! :wink:


#26

Et ouais…:heart_eyes: Jacmel éternelle


#27

René Depestre, à lire en écoutant Carlton Rara ou Mélissa Laveau, et en regardant un tableau de Préfète Duffaut
ondergaande_zon


#28

Je suis un peu déçue… tu ne me dis pas quoi boire pendant que je lis en écoutant de la musique et en regardant des tableaux :joy:

Quand je vois toutes tes réponses, je suis bien contente d’avoir demander un petit conseil :kissing_heart:


#29

C’était juste pour ne pas passer pour une alcoolique finie…mais le rhum Barbancourt 5 étoiles ou réserve spéciale s’impose (et vade rétro Padura et ses insinuations douteuses sur le rhum Haïtien!)
11101-1w345h345_Barbancourt_Reserve_Domaine_Ans

Une bouteille sur la table, un homard tout juste pêché grillé, des bananes plantains frites et les pieds dans le sable…


#30

ça c’est du conseil “all inclusive”! :joy:
J’adore ton programme de découverte globale de la littérature haïtienne!