Les femmes et la littérature


#61

Joli réponse de Muriel Douru, qui est d’ailleurs l’autrice de ce génial petit livre de mes enfants Dis…Mamans

Je suis en train de lire La vie silencieuse de Marianna Ucria de Dacia Maraini, et je me régale (d’ailleurs, je n’arrive pas à attendre de le finir pour vous en parler, c’est dire :innocent: ). Le style est à la fois moderne et pourtant un petit décalage le rend très 18ème. Un bonheur!


#62

Waouh, l’article tombe à pic effectivement !
Mais c’est quoi ces schémas tout pourris quand même, genre c’était si compliqué de rajouter la vulve et le clitoris :rage:

Et je pense que le format BD a été choisi justement pour ça, ça rend l’essai nettement plus accessible.
Je me demande à partir de quel âge on peut lire la BD :thinking:
C’est plus dense que les livres type “le guide du zizi sexuel” mais en même temps c’est tellement nécessaire tant j’ai l’impression que depuis… genre toujours ? J’ai appris plein de choses sur le zizi en cours, dans les livres pour enfants, partout, et sur le vagin et la vulve… hum. Je savais que ça aidait pour faire des bébés quoi :rolling_eyes:
Tant mieux si ça t’as plu en tout cas :blush:


#63

C’est sûr que c’est beaucoup plus “ludique” de cette façon, ça fait moins “peur” qu’un essai et le message passe très très bien!

Je me pose souvent ce genre de question, y compris pour les romans classiques d’ailleurs…
Petite digression: je me souviens notamment d’un post de @jacmel qui disait qu’au collège elle relisait déjà Zola: 1ère reaction: "elle a toujours été folle" :sweat_smile: (pardon, Ide!), 2e réaction "oh mince, moi aussi c’est à cet âge là que j’étais le plus accro à Zola…"
Bref, comme pour plein de choses, je pense que ça dépend de la personne. Je suis épatée de la maturité littéraire et de réflexion féministe de filles bcp plus jeunes que moi (autour de la vingtaine), alors que j’ai l’impression de m’y intéresser vraiment seulement maintenant (à un peu plus que la vingtaine, donc :grin:)

Oui, c’était une chouette découverte, merci!


#64

:laughing:


#65

Une amie m’a vu le lire, et m’a gentiment prévenu d’un “Attention à la fin”…mmmh, la fin peut être pas, mais un passage est hyeeeerk :dizzy_face: effectivement…
Un très beau livre, tant par le style, l’histoire, la vie d’une femme sourde et muette de haute noblesse en Sicile au XVIIIe, que le personnage central. :hearts:


#66

Bon, ça y est, je viens de terminer La Princesse de Montpensier de Madame de Lafayette.
C’est une nouvelle, donc ça se lit très vite.
L’histoire : la princesse de Montpensier est si belle et si vertueuse qu’elle est passionnément aimée de plusieurs hommes (son mari, le prince de Montpensier, le duc de Guise, qu’elle aime en retour, le duc d’Anjou, frère du Roi, et le comte de Chabannes, ami du prince de Montpensier). Et un “quadrilatère” amoureux ne peut que mal finir. Tout ceci sur fond de guerre de religion avec l’évocation fréquente du conflit avec les huguenots qui se solda par le célèbre massacre de la Saint-Barthelemy…

Contrairement à @JessP et @Jacmel, mes deux acolytes qui ont accepté le challenge Double Classique du mois d’avril, j’ai apprécié cette lecture même s’il m’a fallu m’accrocher à la fois pour saisir le contexte et toute la clique qui gravite autour des personnages (au début, je m’arrêtais à chaque chiffre ou lettre renvoyant aux notes de bas de page mais il y en a tellement que je ne comprenais plus du tout ce que je lisais ou avais oublié la phrase en question et je devais tout recommencer :scream:) et pour me faire à ce style si particulier. Puis c’est venu tout seul. J’ai trouvé l’écriture très délicate, qui nous fait vraiment sentir la plume grattant sur le papier, et l’histoire, tragique, belle. On perçoit sans difficulté toutes les émotions de chacun des personnages même si j’aurais apprécié que l’accent soit davantage mis sur la princesse.

En revanche, j’avoue moi non plus ne pas comprendre le choix de faire étudier cette œuvre au bac : le contexte, difficile, le style, inhabituel et ardu, et l’histoire, certes tragique à la Romeo et Juliette, peuvent aisément rebuter les lycéens alors qu’il y a tant de livres plus abordables et plus forts (Les souris par exemple… Oui, j’en remets une couche).

Maintenant, je vais relire Harry Potter et la chambre des secrets en illustré :blush: et m’attaquerai à la princesse chère à Sarko ensuite…


#67

Même avec le recul (et après avoir lu la Princesse de Clèves), j’ai plus l’impression que l’auteur nous informe des émotions, sans pour autant nous les faire ressentir: je continue de trouver cette nouvelle assez froide et “clinique” dans la façon dont elle est écrite.

Mais sur Harry Potter, on est d’accord! :smile: Bonne (re)lecture!


#68


#69

https://www.actualitte.com/article/monde-edition/des-auteures-partagent-les-remarques-les-plus-sexistes-entendues-de-leur-carriere/70836

Je suis partagée entre le rire et les larmes :fearful:


#70

Effarant! :cold_sweat:
J’espère vraiment que dans certains cas, re-contextualisé, ça n’est que de la maladresse (oui, je sais, je sui un bisounours :bear:)


#71

Les Monologues du Vagin, Eve Ensler: des témoignages de femmes sur leur vagin, donc, et leur féminité, retrabscrit en pièce de théâtre. Lu et vu sur scène, sans fard…


#72

Beaucoup, beaucoup entendu parlé, mais jamais lu/vu! Aller hop, dans la wish-list!


#73

Comme me le fait remarquer M. Le Forum, voilà 11 mois que ce sujet est inactif: excellente raison de poster ici, donc! :wink:

Avant d’avoir lu un seul de ses textes, j’avais de Chimamanda Ngozi Adichi l’image d’une grande autrice nigériane, fer de lance du féminisme et de l’anti-racisme… bref, j’avais un peu peur de la lire, je m’imaginais des essais érudits, plein de références qui m’échapperaient.

Et puis, à force de voir son nom partout, ici depuis longtemps déjà, sur le blog de @Pauline ou encore dans les mains de ma libraire, je me suis lancée… et j’ai bien fait!

J’ai commencé par Nous sommes tous des féministes, en me disant que comme c’était à la base un discours, ce serait plus accessible. Et à la suite, il y avait un court texte Les marieuses, qui raconte l’histoire d’une jeune nigériane arrivant aux Etats-Unis pour épouser un compatriote installé depuis plusieurs années et dont elle ne sait rien.

Intriguée par cette première incursion dans l’univers de l’autrice, j’ai enchainé avec Americanah, dont le sujet me paraissait plus “léger” que celui de l’Autre moitié du soleil, par exemple. Ce roman nous fait suivre Ifemelu, qui décide de retourner au Nigéria après plusieurs années passée (légalement) aux Etats-Unis. J’ai dévoré ce texte très agréable à lire, cette jolie histoires d’amour(s) moderne et qui cependant aborde de nombreux sujets délicats (féminisme, racisme, immigration, politique, différence de cultures, mal du pays, etc.), incitant à la réflexion.

Bref, tout à fait le genre de roman que j’aime: un équilibre entre le plaisir de lecture et l’importance de l’histoire entre les personnages (qui n’est pas qu’un prétexte), la découverte d’autres lieux, d’autres cultures et la mise en lumière de dysfonctionnements sociétaux.


#74

voilà, c’est exactement ça ! …et l’autre moitié du soleil est encore mieux, je trouve !


#75

Il y a quelques temps, @Pauline a relayé sur son blog une défi littéraire intitulé “Autour du monde, elles écrivent…”, qu’elle a décidé de suivre ((plus d’infos ici). Habituellement, ce genre de challenge ne m’intéresse pas, mais un sujet pareil titillant forcément ma curiosité, j’ai décidé de lui emboiter le pas (décision d’autant plus facile à prendre que j’ai réussi à remplir toutes les catégories avec des livres que j’avais déjà dans ma PAL :innocent:)

Pour cet été, direction l’Afrique et le Moyen-Orient: j’ai commencé avec Douleur de Zeruya Shalev (Israël).

On pourrait résumer ce roman de façon très banale: c’est l’histoire d’Isis, 45 ans, dont la vie si parfaite vue de l’extérieure (mariée depuis de nombreuses années, 2 ados, un grand appart à Jérusalem, un métier passionnant) se trouve complètement bouleversée par le retour d’Ethan, son premier amour.

Ce serait juste, mais ce serait passer à côté de l’écriture sublime, dont le rythme s’adapte au propos, du contexte israélien si particulier au quotidien (peur des attentats mais aussi de l’armée qui “kidnappe” les grands enfants), des relations qu’Iris entretient avec ses proches, dont l’équilibre sans cesse remis en question est finement décrit. Ce serait surtout passer à côté d’un début de roman coup de poing où la douleur physique est si justement rendue qu’elle se propage au lecteur (l’autrice a, comme son personnage, été victime d’un attentat terroriste).

Bref, un véritable coup de coeur par bien des aspects, un livre que je n’ai pas réussi à lâcher et une autrice dont j’ai très envie de découvrir d’autres romans.


#76

C’était ce qui m’avait happé initialement dans le livre, mais ce qui m’avait le plus étonné c’est qu’au final j’ai lu le livre pour tout le reste :slightly_smiling_face:


#77

Je partage complètement ton avis. Merci pour ce “conseil lecture” :wink:


#78

:books: Challenge “Autour du monde, elles écrivent…” :books:

Petite incursion du côté de la littérature africaine pour la suite du challenge:

L’Hibiscus Pourpre est le premier roman de Chimamanda Ngozi Adichie, et pour la petite histoire, j’ai eu la merveilleuse surprise de le dénicher complètement par hasard, dans la boite un livre d’un petit village.

Tout comme Americanah, je le trouve à la fois dense, abordant de nombreux sujets et pourtant très agréable à lire.

L’histoire se passe ici intégralement au Nigéria, où l’on plonge doucement dans le quotidien la jeune Kambili, un malaise indéfinissable de prime abord s’installant peu à peu.

Le roman s’articule autour d’une opposition nuancée, avec d’un côté les parents et le frère de Kambili, et une vie marquée par l’aisance et une certaine reconnaissance sociale, mais centrée sur le père tout puissant, fondamentaliste catholique imposant à tous une obéissance aveugle et de l’autre sa tante, universitaire sans le sous, ouverte au culte traditionnel des anciens, regardant vers les Etats-Unis et auprès de qui elle goûtera à la liberté.

Ce roman m’a particulièrement bluffée par le rendu très réaliste du mode de pensée des enfants maltraités, qui vont chercher à plaire et à obéir à ce parent qu’ils aiment malgré une situation qu’ils savent être anormale.

Bref, je suis bien partie pour lire L’autre moitié du soleil! :grin:

Le mal de peau de Monique Ilboudo présente en parallèle, un chapitre sur deux, la vie de Sibila, au Burkina et celle de sa fille Cathy, au Burkina puis à Paris, métisse née du viol de sa mère par le "commandant du cercle".

Le récit passe ainsi de la vie de la mère, qui doit faire face à une société qui condamne sa grossesse hors mariage et fait preuve d’une force et d’une volonté d’aller de l’avant impressionnante à celui de la fille, (moitié) blanche au Burkina, (moitié) noire en France, qui espère retrouver son géniteur afin de rassembler les différents pans de son histoire et tombe amoureuse d’un blanc.

La force de ce roman est de nous montrer, de façon cependant nuancée, plusieurs aspects d’un même sujet: le racisme institutionnalisé du colonisateur en Afrique, celui de la société africaine à l’égard d’une enfant métisse et celui de la société française face à cette même enfant devenue jeune-fille. Le “mal de peau” du titre fait ainsi référence à cette couleur à la fois trop claire et trop foncée, qui n’est bien accueillie nulle part.

Bref, deux jolies lectures!


#79

Les deux sont dans ma PAL, avec le dernier Ilboudo , je vais les faire remonter rapidement, tu me fais envie là :heart_eyes:

Bon, je ne sais pas si je dois :face_with_symbols_over_mouth: ou :smiling_face_with_three_hearts: :
A plusieurs reprises, je cherche des autrices sur la bibli numérique de Paris => introuvable. Comme je veux VRAIMENT les lire, je les déniche après moults recherches sur le net. Je les paie parfois assez “cher” dans la mesure où ce sont des titres en fin d’édition.
Et A CHAQUE P***** DE FOIS, non seulement une réédition est prévue quelques mois après ma recherche mais en plus la bibli numérique en achète les droits et les propose.

Je me fache ou je me réjouis?
Comment financiariser une compétence aussi bizarre?

NB : j’avais arrêté de vendre mes bijoux pour un problème similaire…je commence à en avoir MARRE


#80

:books: Challenge “ Autour du monde, elles écrivent …” :books:

Je termine mon été de lecture en Afrique et au Moyen-Orient avec l’Arménie et les pays du golfe.

Il me semble que j’ai découvert La maison dans laquelle de Mariam Petrosyan sur le blog de @Pauline, qui en parle très bien :wink:

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Comme elle, j’ai d’abord été intriguée par l’objet lui même: un très beau livre de plus de 900 pages, dont la couverture est un peu effrayante malgré les paillettes. Je ne l’ai pas lu d’un seul coup, en raison du sujet et de l’ambiance perturbante, mais également parce que son format et son poids ne le rende pas très facilement transportable en période de vacances. :sweat_smile:

Lire ce roman, c’est véritablement entrer dans La maison, internat plus ou moins permanent pour enfants malades ou handicapés. On se retrouve dans un monde clos, dans une société très codifiée et souvent violente, composée d’enfants qui rejettent à la fois l’Extérieur et les adultes.

La lecture n’est pas aisée, surtout au début, où il faut accepter de ne pas tout comprendre et de se sentir désorienté, le récit mélangeant les époques, les noms des personnages, les narrateurs. Se pose aussi la question de savoir si la “réalité” telle que retranscrite par les enfants est réinterprétée, distordue, en partie inventée ou si l’on a véritablement franchi la limite du fantastique.

Dans Femmes de sable et de myrrhe, Hanan El-Cheikh juxtapose le récit de la vie de quatre femmes, dans un pays pétrolier du golfe (qui n’est pas nommé me semble-t-il): deux natives, Nour et Tamar et deux étrangères, Soha, libanaise et Susan, américaine. Elles ont en commun de s’ennuyer dans le luxe apporté par le pétrole et leur mari, mais ont une vision différente de la société dans laquelle elles évoluent: ce qui semble être insupportable pour Soha paraît d’une liberté folle pour Tamar.

Je suis déçue de ne pas avoir réussi à véritablement entrer dans le livre, surtout après avoir adoré Toute une histoire, reçu dans un abonnement Exploratology. Je me suis ennuyée pendant toute la première partie, dédiée à Soha et mon intérêt n’a commencé à s’éveiller qu’en début de 2e partie, avec le récit de Tamar et ce 2e point de vue sur ce qui, au premier abord, semble être une vie identique de femme au foyer.

Le plus frustrant est que j’ai trouvé un intérêt culturel et sociétal à ce livre, que la juxtaposition des 4 récits me paraît être une excellente idée, qui sert parfaitement le propos, et pourtant… je n’ai rien ressenti. Ce qui est peut-être le moyen de se sentir le plus proche de ces femmes.

Pour finir, je vous invite à aller lire sur son blog le bilan estival de @Pauline. Nous avons toutes les deux lu et aimé L’Hibiscus pourpre de Chimamanda Ngozi Adichie dans le cadre du challenge, mais nous n’avons pas été marquées par les mêmes choses.