Poésie y es-tu ? Que fais-tu ?


#1

À de très nombreuses reprises on m’a dit que « la poésie, c’est pas trop mon truc », « moi, tu sais, la poésie… » et toutes les phrases dérivées possibles.

Et je trouve ça un peu dommage. Déjà parce que délaisser généralement un domaine, quel qu’il soit, surtout quand il est vaste, c’est triste, mais ensuite parce que la poésie est souvent abandonnée par réflexe (la faute peut-être à un enseignement inadapté ?) parce que quelques poèmes ont paru hermétiques. Il ne faut pas oublier que la définition même de la poésie est très large. Le Larousse nous dit, en premier lieu : « Art d’évoquer et de suggérer les sensations, les impressions, les émotions les plus vives par l’union intense des sons, des rythmes, des harmonies, en particulier par les vers. » De fait, elle peut se trouver partout (j’aime d’ailleurs infiniment l’idée selon laquelle on habite tous poétiquement le monde, chacun à sa façon, chacun avec ses ressentis et chacun avec ses mots), et notamment hors du poème : des nouvelles de Howard Philips Lovecraft, d’Edgar Allan Poe ou encore de Virginia Woolfe relèvent d’une écriture poétique. De même, le format du poème laisse plein d’ambiguïtés : les textes étiquetés « nouvelles » recueillis dans Amours de loin d’Anne-Marie Garat sont en réalité à la frontière entre le poème et la nouvelle.

Conséquence directe : le poème est parfois un format littéraire à part, peut-être un peu plus dur d’accès (certains poèmes plus que d’autres en tout cas : on ne peut pas considérer Une saison en Enfer ou Les Chants de Maldoror comme on considérerait Mémoire du vent), mais la poésie c’est ÉNORME et je suis persuadé qu’il y a de quoi faire pour tout le monde ! :slight_smile:

Personnellement, je suis davantage touché par la poésie des XXè et XXIè siècles, plus par les vers libres que par les vers métrés et la prose, et tout particulièrement le Dada et le surréalisme : Eluard, Aragon, Char, Cocteau… Mais il n’empêche que beaucoup d’autres registres, époques et courants résonnent avec moi, et je suis systématiquement en admiration totale devant le poème intitulé Les Djinns et composé par Victor Hugo, qui allie à la perfection la forme, le rythme à l’idée qui y est dépeinte. Topissime. :+1:

Bref. Et vous, qu’est-ce qui vous fait vibrer en poésie ? :smile:


#2

Yeah!!! Je plussoie Poe et Lovecraft. Et je rajoute Keats et William Blake (d’ailleurs un de mes premiers cadeaux @marjorie-founder était un recueil de poésie de Blake qu’elle n’a jamais lu :sob:

Je suis plus poésie anglaise que français mais par contre un de mes tops reste La fin de Satan de Victor Hugo :heart_eyes:

Mais je te rejoins sur l’idée que la poésie est un peu d’un format littéraire de par sa consommation. Même si j’aime ça, j’en lis beaucoup moins :frowning: Mais heureusement, que j’en retrouve dans d’autres livres (je pense notamment à Keats dans Hypérion :stuck_out_tongue: ).


#3

Olala, je pourrais écrire une dissertation tant j’ai de choses à dire sur la poésie…
D’abord, je crois qu’inconsciemment, nous aimons tous la poésie : nous avons tous appris des poèmes et même si pour certains c’était une corvée, il en reste un peu, au fond, tout au fond ; nous aimons à peu près tous la musique et la plupart des paroles sont composées en vers… Nous respirons poésie, sans nous en rendre compte…
Ensuite, plus personnellement, j’entretiens avec la poésie des rapports compliqués : petite, j’écrivais beaucoup de poèmes et ai reçu des prix pour ça, puis ça m’a passé… J’ai beaucoup aimé étudier les poètes au collège/lycée et Les fleurs du mal de Baudelaire restent pour moi une expérience marquante. Je voue un culte à Prevert et ses Paroles qu’il m’arrivait de lire souvent dans le métro, lorsque j’habitais à Paris. Et j’aime beaucoup Demain dès l’aube de Victor Hugo. (J’ai des goûts très scolaires, comparés aux vôtres :flushed:)
Mais à part ça, la poésie est pour moi comme l’art abstrait : je crains de ne pas la comprendre… Alors je la fuis…
D’un autre côté, la poésie n’existe pas que dans les poèmes : je me délecte à la lecture de pièces de théâtre classiques, comme celles de Sophocle ou de Molière, qui font un usage réjouissant du ver.
Et puis je trouve que les romans de Fred Vargas :heart_eyes: sont plein de poésie…
La poésie est donc partout, vive la poésie !

PS : je note vos titres et vous prie d’excuser ce commentaire hyper contradictoire


#4

J’aime certaines poésies, certaines autres me donnent la chair de poule, et leurs mots me reviennent en tête sans cesse…par contre je serais incapable de dire ce qui me plait ou non, ce qui est travaillé, inspiré ou non (ce que je suis à peu près capable de faire pour les romans et plus qu’entraînée pour les essais).J’aime en amatrice complète. Un peu comme le vin (n’importe nawak, je sais :blush:).

Mes coups de coeur ?
Adolescente, j’ai découvert René de Obaldia, et je l’ai lu et relu et re-relu. Aujourd’hui, je serais incapable de dire pourquoi, mais il reste un de mes poètes fétiche.
Les fleurs du mal de Baudelaire, indépassable; Rilke, Renée Vivien, Ida Faubert, Nicolas Guillen, Eluard, Garcia Lorca, Aragon, Desnos, René Depestre, Oscar Wilde, Pablo Neruda, Sor Juana Inès de la Cruz…et j’en oublie certainement…
Victor Hugo étant un des mes auteurs favoris, il y est forcément!

Des styles complètement différents (la distance entre Rilke et Guillen est impressionnante :sweat_smile:), et je serais incapable de dire pourquoi j’aime ceux-là et pas d’autre (genre Métellus par exemple, que je trouve …poussif dans le genre poétique -et en essai…il devrait en rester au romanesque qui lui va beaucoup mieux).

@administrateur …et là je me rends compte que j’ai un recueil de W.Blake que je n’ai jamais ouvert…Je pars le lire immédiatement, pataper, pataper!!!


#5

En lisant ce sujet je me suis dit que je n’avais pas grand chose à dire, n’étant pas vraiment amatrice du genre (sauf les récitations niveau CP de mon mon fils, mais c’est plus pour les exploits du récitant que pour le poème lui même :sweat_smile:).

Et puis, depuis hier, je vois mes pensées qui tournent autour du sujet, avec des morceaux de poèmes qui me reviennent: Elle avait pris ce pli, de Hugo, Le dormeur du val de Rimbaud, Luxe, calme et Volupté de Baudelaire ou certains écrits de Senghor… ça reste très “scolaire”, mais je me dis que des années après, cela me touche encore. Et j’ai récemment acheté une livre illustré de poèmes de Néruda en VO, preuve que finalement, ce genre ne me laisse pas indifférente, contrairement à ce que je pensais.

J’ai envie de découvrir Poe, grâce à… ben oui, Jasper Fforde (tu m’avais vu venir @Jacmel? :smile:), où un méchant fini enfermé dans Le corbeau.

Je ne vais pas spontanément vers la poésie parce que ce que je recherche surtout dans la lecture, c’est l’évasion dans de longue histoire qui me transporte ailleurs dans l’espace/le temps. Alors que pour moi, chaque poème se lit et se relit (et à voix haute), se savoure. Je pense que j’ai également peur de ne pas avoir toutes les clés pour bien comprendre, mais ce n’est peut-être qu’un reste de l’enseignement où l’on décortique chaque virgule. Mais est-ce si important de voir tout le travail du poète derrière chaque texte qui nous plait?

Je trouve aussi que le problème de la traduction est plus important en poésie qu’avec un roman.

Je suis également d’accord avec @Emilie concernant la poésie des chansons. Je viens d’ailleurs de terminer le roman Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi de Mathias Malzieu. Je ne connais pas vraiment ses chansons et pourtant, j’ai vraiment trouvé son écriture très… poétique, avec des répétitions, des mots inventés, un rythme différent de ce que je lis d’habitude.


#6

Je suis fière de t’attribuer le premier Point Pickwick! Plock Plock!

NB: moi c’est Wordsworth que j’ai découvert comme ça :smile:


#7

Merci!! :joy:

Ah, les Jonquilles et le portail de la prose!!:wink:


#8

Chouette, un sujet sur la poésie :blush:

J’ai un rapport plutôt ambivalent avec le genre : soit j’adore avec démesure, soit je m’ennuie comme un rat mort, et ce sans aucune raison objective. En fait, je vois ça comme l’art abstrait, comme @Emilie ! Il me manque parfois les pistes de compréhension nécessaire, mais tous deux sont des arts que je ressens plus que je comprends.
Ce qui fait je n’ai aucune idée de pourquoi Mallarmé et Apollinaire me glissent entre les mains, et pas Cesare Pavese ou Fernando Pessoa :thinking:

Globalement j’ai assez peu de connaissances en poésie, même si j’essaye de m’améliorer.
J’aime beaucoup Baudelaire, surtout le Spleen de Paris (généralement, j’accroche de toute manière plus à la poésie en prose qu’en vers). Récemment j’ai découvert Aloysius Bertrand avec Gaspard de la Nuit, qui m’a donné une grosse bouffée de nostalgie à moitié inexplicable, et j’ai trouvé ça très beau. (D’autant qu’il parle à ma fibre dijonnaise !)
J’aime assez Lautréamont, l’idée de faire du beau avec du laid me plaît beaucoup (et c’est d’ailleurs ce qui me plaît aussi avec Baudelaire).
D’ailleurs, même si ce n’est pas de la poésie à proprement parler, Notre-Dame-des-Fleurs de Genet n’a rien à leur envier.
Autrement, j’en avais déjà parlé mais j’aime beaucoup les Rubayat d’Omar Khayyam, même si je regrette de ne pas pouvoir les lire en version originale.

Et mon recueil préféré, celui dont les pages commencent à partir à force d’être tournées, c’est Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs.
Je trouve d’ailleurs son Pervigilium Mortis superbe.

Je vous vois parler de Hugo, mais autant je l’adore pour ses romans, autant je ne connais presque rien à sa poésie.


#9

Je me rends compte que les deux qui me viennent en tête par réflexe, dont les vers sont inscrits dans ma mémoire, je ne les ai justement pas cités :open_mouth:
J.Prévert et F.Villon, mes références absolues…tellement qu’elle sont implicites apparemment :grin:


#10

En image, la dernière poésie que j’ai lue: Oceano Nox, de Victor Hugo, sur une stèle hommage aux marins péris en mer, le sentier côtier qui domine le Palais, à Belle-île-en-Mer.
C’était la première fois que je lisais de la poésie en plein air, le texte s’accordait parfaitement au panorama en arrière-plan, bref, une super expérience!


#11

Je ne suis pas une grande lectrice de poésie mais j’essaie de m’y mettre, et surtout de lire des classiques, histoire d’avoir une bonne culture générale.

Quand j’étais au lycée, j’ai lu Les Châtiments de Hugo, pour mon plaisir et j’ai adoré! En même temps, Victor Hugo fait partie de mes auteurs favoris :wink:
Et dernièrement, j’ai fini de lire les œuvres intégrales de Rimbaud. Si jeune et si doué. Je me dis que j’ai déjà tout raté dans ma vie! :sob:


#12

Quand j’ai vu un sujet sur la poésie, je me suis vite sentie un peu larguée… J’ai l’impression, comme beaucoup, que j’y suis hermétique.
Et puis finalement… Je me souviens que j’adorais ça à l’école primaire ! Demain dès l’aube, de Victor Hugo, qu’il m’arrive encore de réciter dans ma tête (pour vérifier que je la connais toujours !). Le cancre de Jacques Prévert
J’ai essayé de lire les Fleurs du Mal de Baudelaire, mais je crois que j’étais trop jeune/pas prête et suis passée à côté.
En fait, à l’école, je crois que ce que j’aimais beaucoup, c’est la fait d’avoir un poème imposé. Ça obligeait à le lire, le relire pour l’apprendre par cœur. On nous demandait de dessiner une illustration à côté du poème. On analysait donc le poème, son découpage, on le décortiquait, on apprenait à le lire en y mettant le ton… Et du coup, on se l’appropriait beaucoup plus. L’oiseau-lyre m’a réellement fait voyager :slight_smile: je crois que le vrai titre c’est Page d’écriture, de Jacques Prévert.
Ça va paraître bête, mais ce que j’aime dans la poésie, c’est les vers. Un poème en prose, ça m’ennuie profondément (ou bien je n’ai pas lu ceux auxquels j’étais sensible !). Un poème en vers, bien construit, peut m’enchanter. Les pièces de Molière, ça me donne envie de tout surligner et d’annoter par des “ouah !”, “super !”. Ça a l’air tellement fluide !


#13

J’ai ramené du salon du livre Le jeu d’Inéma de Jeudi Inéma, chez le Temps des Cerisiers. Un style très destructuré qui me séduit énormément